Cinq maisons, cinq familles, un pari social qui prend forme à Strasbourg. Dès octobre 2026, la friche Heppner accueillera un ensemble de tiny houses destiné à sortir de la rue des ménages en situation de précarité. Ce projet, baptisé Bulles d’air, associe la Ville de Strasbourg et le Crédit Mutuel autour d’une même ambition : proposer un logement temporaire digne, en attendant une solution durable.
Le projet ‘Bulles d’air’ : cinq tiny houses pour les familles sans abri à Strasbourg
Le principe est simple à comprendre. Cinq micro-maisons individuelles, pensées pour offrir un espace de vie fonctionnel, seront installées sur un terrain aujourd’hui inoccupé du quartier de Neudorf. Chaque tiny house permettra à une famille de disposer d’un toit, d’une intimité et d’une adresse, trois éléments souvent absents de l’hébergement d’urgence classique en centre collectif.
L’idée n’est pas nouvelle en soi, plusieurs villes françaises expérimentent déjà ce type d’habitat léger et rapide à monter. Ce qui distingue le dispositif strasbourgeois, c’est son ancrage dans une friche urbaine précise et son partenariat avec un acteur bancaire mobilisé sur le terrain de l’action sociale.
Localisation et calendrier : la friche Heppner à Neudorf dès octobre 2026
La friche Heppner, située dans le secteur de Neudorf, a été retenue pour accueillir les cinq unités. Ce terrain, en attente de réaffectation urbaine, entre ainsi dans une logique d’urbanisme temporaire : plutôt que de laisser un espace vacant, la Ville de Strasbourg choisit de lui donner un usage social immédiat, le temps que le projet urbain définitif se dessine.
L’installation des tiny houses doit être achevée pour octobre 2026, avec un accueil des premières familles dès ce mois-là. Ce calendrier serré s’explique par l’urgence de la situation à l’approche de la période hivernale, où la demande d’hébergement grimpe fortement à Strasbourg comme ailleurs.
| Élément | Détail |
|---|---|
| Lieu | Friche Heppner, quartier de Neudorf |
| Nombre de logements | Cinq tiny houses |
| Public visé | Cinq familles sans abri |
| Date d’ouverture | Octobre 2026 |
| Partenaires | Ville de Strasbourg, Crédit Mutuel |
Partenariat Ville de Strasbourg et Crédit Mutuel : acteurs et financement

Le montage du projet repose sur une collaboration entre la collectivité et le Crédit Mutuel, engagé sur ce dossier dans le cadre de sa politique de responsabilité sociétale. Ce partenariat mêle financement, mise à disposition de moyens logistiques et accompagnement du dispositif dans la durée.
Pour la banque, s’associer à une opération de logement temporaire de ce type s’inscrit dans une démarche de RSE concrète, loin des simples déclarations d’intention. Pour la Ville de Strasbourg, ce soutien privé permet d’accélérer un projet que les seuls fonds publics auraient pu retarder.
Un modèle qui pourrait s’étendre à d’autres quartiers
Si l’expérimentation de la friche Heppner fonctionne, la Ville n’exclut pas de reproduire le dispositif sur d’autres terrains disponibles, notamment du côté de la Robertsau, où des espaces en attente de projet pourraient accueillir de futures micro-maisons.
Public visé et durée d’hébergement : qui sont les bénéficiaires ?
Les cinq familles retenues seront orientées vers ce dispositif via les circuits classiques de l’hébergement d’urgence, en coordination avec les services sociaux et les associations partenaires de la Ville. Il s’agit prioritairement de foyers avec enfants, pour qui la stabilité d’un logement, même temporaire, change concrètement le quotidien : scolarité suivie, accès aux soins, démarches administratives facilitées.
La durée de séjour dans les tiny houses n’est pas illimitée. Le principe reste celui d’un logement temporaire, une étape avant un relogement pérenne dans le parc social ou privé. Cette phase transitoire vise à donner un peu de répit et de temps aux familles pour reconstruire un projet de vie stable.
Urbanisme temporaire et hébergement d’urgence : un dispositif expérimental
Le choix des tiny houses répond à une double contrainte : la rapidité de mise en œuvre et le coût maîtrisé par rapport à une construction classique. Ces micro-maisons peuvent être montées en quelques semaines, ce qui correspond bien à la logique de l’urbanisme temporaire, pensé pour occuper intelligemment des friches en attente de reconversion.
Ce dispositif expérimental sera suivi de près par les services de la Ville de Strasbourg, qui souhaite évaluer son impact réel sur les familles accompagnées avant d’envisager une généralisation. L’enjeu dépasse le simple hébergement : il s’agit de tester une réponse alternative face à une crise du logement qui touche un nombre croissant de foyers dans l’agglomération.
À l’heure où les capacités d’accueil traditionnelles atteignent régulièrement leurs limites, cette initiative portée conjointement par une collectivité et un acteur privé illustre une façon différente d’aborder la précarité : moins de bâti lourd, plus de réactivité, et un ancrage local fort sur des terrains autrement laissés en friche.




