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Center Parcs de Roybon : comment 37,4 millions d’euros ont été engloutis pour 990 cottages jamais construits

Allan
Allan
septembre 25, 2026 6 min
Terrain vague vallonné avec panneaux abandonnés éparpillés au sol

Une clairière vide au milieu de la forêt de Chambaran, quelques centaines de mètres de routes qui ne mènent nulle part, et une facture publique de 37,4 millions d’euros. Voilà tout ce qu’il reste du projet Center Parcs de Roybon, en Isère. Pas une seule construction n’a jamais vu le jour.

Le projet prévoyait 990 cottages, des piscines couvertes et un village de vacances porté par Pierre & Vacances sur un terrain de la forêt de Chambaran. Annoncé en 2007, il a mobilisé des fonds publics considérables avant d’être définitivement enterré en 2020, après treize ans de bataille juridique et de mobilisation écologiste. Le bilan est sans appel : des hectares de forêt défrichés, des routes construites pour rien, et aucun euro de retour sur investissement.

Le projet Center Parcs de Roybon : un village de vacances promis pour 37,4 millions d’euros

Sur le papier, le projet avait de quoi séduire les collectivités locales. Un investissement privé porté par Pierre & Vacances, des retombées touristiques attendues, des emplois créés dans une région rurale en manque de dynamisme économique. La forêt de Chambaran, à cheval sur l’Isère et la Drôme, devait accueillir 990 cottages répartis sur plus de 200 hectares, avec un dôme aquatique comme pièce maîtresse.

Pour rendre le site accessible, des collectivités publiques ont investi dans des routes, des raccordements et des études préparatoires. Ce sont ces dépenses, cumulées sur plus d’une décennie, qui atteignent aujourd’hui 37,4 millions d’euros d’argent public. Une somme colossale pour un projet qui n’a jamais dépassé le stade du défrichement.

Chronologie de l’affaire (2007-2020) : de l’annonce à l’abandon définitif

2007-2013 : lancement et premiers recours

Le projet est officiellement annoncé en 2007. Les premières études environnementales pointent rapidement la présence de zones humides sur le site, un point sensible qui va structurer toute la contestation. Des associations de protection de la nature déposent des recours juridiques dès les premières autorisations administratives, estimant que le permis de construire ne prend pas en compte la richesse écologique du secteur.

2014-2016 : Zone à Défendre, bataille juridique et politique

En 2014, le site se transforme en Zone à Défendre. Des militants s’installent sur place pour empêcher le début des travaux de défrichement, dans un mouvement qui rappelle d’autres luttes environnementales de la même période. Les recours juridiques s’accumulent devant les tribunaux administratifs, avec en toile de fond la découverte d’une espèce protégée sur le site : le triton crêté, un amphibien dont la présence complique encore davantage la validation du projet.

La mobilisation écologiste s’organise en parallèle des procédures judiciaires. Des enquêtes publiques sont menées, des expertises se contredisent, et le dossier devient un symbole national des tensions entre développement économique local et préservation des zones humides.

2020 : annulation définitive du projet

Le coup de grâce arrive en 2020. Le Conseil d’État confirme l’annulation du permis de construire, validant les arguments environnementaux portés par les opposants depuis plus d’une décennie. Pierre & Vacances annonce peu après l’abandon du projet, mettant fin à treize ans de procédures et de tensions sur le terrain.

Les raisons de l’échec : zones humides, mobilisation citoyenne et décisions politiques

Panneau protection zone humide avec manifestants et élus débattant

Plusieurs facteurs expliquent cet échec retentissant. La présence de zones humides protégées au titre du droit de l’environnement a constitué l’argument juridique le plus solide des opposants. Ces milieux, essentiels à la biodiversité locale, bénéficient d’un cadre réglementaire strict que le projet ne respectait pas selon les juridictions saisies.

La mobilisation écologiste sur place, via la Zone à Défendre, a maintenu une pression constante qui a empêché le début effectif des travaux pendant des années. Cette occupation a aussi médiatisé le dossier bien au-delà de l’Isère, transformant un conflit local en débat national sur les grands projets d’aménagement inutiles.

Le chiffre qui résume le gâchis

37,4 millions d’euros de fonds publics dépensés, zéro cottage livré. Rapporté aux 990 logements prévus, cela représente près de 38 000 euros engloutis par unité jamais construite.

Le bilan matériel et financier : 37,4 M€ engloutis, forêt rasée et routes fantômes

Le bilan financier est vertigineux quand on le rapporte au résultat obtenu. Les 37,4 millions d’euros publics ont financé des infrastructures routières, des études techniques et des raccordements qui ne servent aujourd’hui strictement à rien. Environ 700 mètres de routes ont été construits en pleine forêt, sans qu’aucun véhicule ne les emprunte jamais dans le cadre du projet initial.

Le défrichement, lui, a bien eu lieu avant que les recours juridiques n’aboutissent. Plusieurs dizaines d’hectares de la forêt de Chambaran ont été rasés pour préparer le terrain, créant une clairière artificielle au cœur d’un massif forestier jusqu’alors préservé. Cette destruction, contrairement aux constructions, s’est révélée irréversible dans les délais courts.

Élément Chiffre
Argent public dépensé 37,4 millions d’euros
Cottages prévus 990
Cottages construits 0
Routes construites environ 700 mètres, inutilisées
Durée de la procédure 2007 à 2020

État des lieux aujourd’hui : une clairière sans avenir et des infrastructures inutilisées

Clairiere abandonnee avec routes degradees et vegetation clairsemee

Depuis l’abandon du projet, le site reste dans un état intermédiaire qui ne satisfait personne. La clairière vide n’a fait l’objet d’aucun véritable reboisement à grande échelle, malgré les demandes des associations environnementales qui réclament une remise en état complète du site. Les routes construites pour desservir le futur village de vacances continuent de se dégrader sans usage, symboles silencieux d’un gaspillage d’argent public devenu cas d’école.

Des questions ont été posées au gouvernement sur le devenir de ce site et sur la responsabilité des collectivités ayant engagé ces dépenses sans garantie suffisante. À ce jour, aucun plan de restauration écologique d’ampleur n’a été acté, laissant la forêt de Chambaran avec une cicatrice durable au cœur de son écosystème.

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Direction éditoriale
Kevin est rédacteur spécialisé en conseil en mécénat et en stratégie de dons d’entreprise. Passionné par l’engagement sociétal des marques, il accompagne les organisations dans la valorisation de leurs actions solidaires. À travers ses articles, il partage analyses, conseils pratiques et tendances pour aider les entreprises à développer des initiatives responsables et durables.

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