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El Niño pourrait tuer plus de 450 000 personnes d’ici février, selon une étude

Homme etendu immobile sur sol desert aride

Un demi-million de morts. C’est l’estimation qui circule chez les climatologues depuis quelques semaines, et elle concerne un phénomène que beaucoup pensaient déjà maîtriser. El Niño revient, mais dans une version qualifiée de « Godzilla » par certains chercheurs, et ses conséquences sanitaires s’annoncent hors normes.

Le chiffre vient du Climate Impact Lab, un consortium de chercheurs qui croise données climatiques et statistiques de mortalité. Selon leurs projections, cette vague de chaleur liée à El Niño pourrait tuer plus de 450 000 personnes d’ici février, un bilan qui dépasserait largement les épisodes précédents de 1997-1998 et 2015-2016.

451 000 décès prévus : d’où vient cette estimation alarmante ?

Le Climate Impact Lab a construit son modèle en superposant les prévisions de températures records pour la période 2026-2027 avec des données historiques sur la mortalité liée à la chaleur extrême. Leur méthode ne se contente pas de compter les coups de chaleur directs : elle intègre aussi les décès indirects, causés par les maladies cardiovasculaires, respiratoires ou rénales qui s’aggravent lors des canicules prolongées.

Le total de 451 000 décès supplémentaires correspond à l’écart estimé entre la mortalité « normale » et celle qui devrait être observée pendant cet épisode. Les chercheurs insistent sur un point : ce n’est pas une prophétie figée, mais une fourchette statistique construite à partir de scénarios climatiques jugés les plus probables aujourd’hui.

Le repère à garder en tête : les épisodes de 1997-1998 et 2015-2016, jusqu’ici les plus intenses jamais enregistrés, avaient causé des dizaines de milliers de décès liés à la chaleur. La prévision actuelle est d’un ordre de grandeur supérieur.

El Niño 2026 : un phénomène climatique d’ampleur exceptionnelle

El Niño désigne un réchauffement anormal des eaux de surface de l’océan Pacifique tropical, qui perturbe les courants atmosphériques à l’échelle mondiale. Ce phénomène climatique naturel revient tous les deux à sept ans, mais son intensité varie fortement d’un épisode à l’autre.

Ce qui inquiète les scientifiques cette fois, c’est la combinaison entre un Super El Niño et un réchauffement climatique de fond déjà bien installé. Les deux effets s’additionnent : les températures de base sont plus élevées qu’il y a vingt ans, et El Niño vient ajouter une couche supplémentaire de chaleur. Résultat, les prévisions annoncent des températures records sur plusieurs continents, associées à des périodes de sécheresse prolongées dans certaines régions et à des précipitations extrêmes ailleurs.

Plusieurs chercheurs décrivent d’ailleurs cet épisode comme un avant-goût de l’avenir climatique auquel la planète devra s’habituer si le réchauffement climatique se poursuit à son rythme actuel. Ce qui relève encore de l’exceptionnel aujourd’hui pourrait devenir la norme dans les décennies à venir.

Les impacts mortels de la chaleur : qui est le plus à risque ?

Thermometre depassant quarante degres en plein soleil urbain

La vague de chaleur ne frappe pas tout le monde de la même façon. Les personnes âgées, les nourrissons, les travailleurs en extérieur et les personnes souffrant de maladies chroniques figurent parmi les groupes les plus exposés aux impacts sanitaires d’une canicule prolongée. Dans les zones urbaines denses, l’effet d’îlot de chaleur amplifie encore le phénomène, rendant les nuits presque aussi étouffantes que les journées (un constat qui alimente l’hypothèse d’une décentralisation des villes pour limiter le réchauffement défendue par un géographe français).

Mais la géographie compte tout autant que l’âge ou l’état de santé. L’Asie du Sud, certaines régions d’Afrique et l’Amérique centrale figurent parmi les zones les plus vulnérables, car elles cumulent des températures déjà élevées, une forte densité de population et un accès limité à la climatisation. La mortalité liée à la chaleur y progresse plus vite qu’ailleurs, faute de moyens pour s’en protéger efficacement.

Des sociétés inégalement préparées face à la catastrophe

C’est probablement l’aspect le plus dérangeant de cette étude : la vulnérabilité face à El Niño n’a rien d’uniforme. Les pays en développement, souvent situés dans les zones tropicales les plus exposées, disposent de systèmes de santé moins robustes et de moins d’infrastructures de rafraîchissement que les pays riches.

Ces inégalités se traduisent concrètement dans les chiffres. Une même vague de chaleur peut provoquer une surmortalité marginale dans une métropole équipée de climatisation généralisée, et un désastre sanitaire dans une région rurale sans électricité fiable. Les hôpitaux de certains pays en développement risquent d’être submergés par l’afflux de patients souffrant de coups de chaleur ou de déshydratation sévère, dans un contexte où les capacités hospitalières sont déjà tendues en temps normal.

Épisode El Niño Période Intensité relative
El Niño 1997-1998 1997-1998 Très fort
El Niño 2015-2016 2015-2016 Très fort
Super El Niño actuel 2026-2027 Exceptionnel

Comment se préparer et agir pour limiter les dégâts

Refuges climatises accueillent populations vulnerables chaleur

Face à des prévisions aussi lourdes, les scientifiques ne se contentent pas d’alerter : ils appellent à une adaptation rapide des politiques publiques, à l’image des inventions britanniques contre le réchauffement climatique déjà testées ailleurs. Cela passe par le renforcement des systèmes de santé dans les zones à risque, la mise en place de plans canicule mieux financés, et l’accès élargi à des solutions de rafraîchissement, même rudimentaires, dans les régions les plus pauvres.

À l’échelle individuelle, les recommandations restent classiques mais restent les plus efficaces : s’hydrater régulièrement, éviter les efforts physiques aux heures les plus chaudes, surveiller les personnes âgées ou isolées, et identifier les lieux frais accessibles en cas de pic de température. Ces gestes simples sauvent des vies quand ils sont appliqués à grande échelle.

Sur le plus long terme, cette crise annoncée relance le débat sur le changement climatique et la nécessité de réduire les émissions à l’origine du réchauffement global. Car si El Niño est un phénomène naturel et cyclique, son intensité croissante est directement liée à la hausse des températures moyennes de la planète. Les prévisions du Climate Impact Lab, aussi inquiétantes soient-elles, pourraient bien n’être qu’un premier signal parmi d’autres à venir, d’autant que les impacts climatiques seraient sous-évalués de 15 % selon de récentes estimations.

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Article publié par la rédaction de Mecenova : conseil en mécénat et stratégie de dons d'entreprise.

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