Immobilier

Après les maisons et les piscines, les squatteurs ciblent désormais les résidences secondaires

Allan
Allan
septembre 19, 2026 6 min
Facade de villa abandonnee avec portes forcees et fenetres barricadees

Le phénomène du squat en France a longtemps visé les logements principaux et les habitations vacantes. Mais depuis 2025-2026, une évolution inquiétante s’observe : les squatteurs diversifient leurs cibles vers les résidences secondaires, les garages, les piscines et même les bateaux. Cette stratégie nouvelle pose des défis inédits aux propriétaires, qui découvrent que leurs biens situés hors résidence principale sont exposés à des occupations illégales. Comprendre cette mutation et connaître les moyens de protection est devenu essentiel.

Résidences secondaires et nouveaux biens : l’évolution du squat en 2025-2026

Traditionnellement, les squatteurs visaient les immeubles à l’abandon ou les maisons vacantes en zones urbaines denses. Le constat change. Les résidences secondaires, souvent laissées vides plusieurs mois par an, représentent désormais des cibles privilégiées. Un propriétaire de maison de vacances peut découvrir son bien occupé illégalement dès l’automne, une fois qu’il n’y va plus régulièrement.

Parallèlement à cette évolution, les squatteurs ciblent d’autres typologies de biens immobiliers jusque-là moins menacés. Les garages, les piscines privées, les abris de jardins, voire les bateaux amarrés dans les ports de plaisance deviennent des enjeux de prévention. Cette diversification reflète une stratégie d’adaptation : les propriétaires de ces biens secondaires ou annexes sont souvent moins vigilants, les délais d’expulsion peuvent s’avérer plus longs, et les recours légaux restent flous pour de nombreux propriétaires.

Les nouvelles cibles des squatteurs : garages, piscines, bateaux et ports de plaisance

Au-delà des maisons, les squatteurs s’intéressent à une gamme élargie de biens. Les garages isolés, notamment ceux situés loin du domicile principal du propriétaire, servent de lieux de stockage ou d’habitation temporaire pour des groupes. Les piscines, souvent entourées de murs ou de clôtures, offrent un espace semi-privatisé où s’installer sans crainte. Les petits bâtiments agricoles, les caravanes sur des terrains privés et les conteneurs aménagés suscitent aussi un intérêt croissant.

Dans les régions côtières et fluviales, les ports de plaisance voient émerger des occupations illégales de bateaux. Un bateau amarré depuis des semaines peut être investi par des squatteurs, qui y demeurent pendant des mois avant que le propriétaire ne s’en aperçoive. Ce phénomène, encore marginal, s’intensifie en 2026 dans les zones touristiques et balnéaires.

Pourquoi ces biens attirent-ils les squatteurs ?

Plusieurs facteurs expliquent cette mutation. D’abord, le marché du logement tendu et les prix prohibitifs poussent des populations à chercher des solutions alternatives, même illégales. Les résidences secondaires offrent des avantages tactiques : elles sont souvent vides longtemps, les propriétaires ne passent pas régulièrement les vérifier, et l’occupation peut rester discrète. Contrairement à un immeuble collectif visible et surveillé, une maison de campagne isolée ou un garage en périphérie ne suscitent aucune suspicion immédiate.

De plus, certains squatteurs adoptent une stratégie d’occupation légale : en restant suffisamment longtemps dans un bien, ils tentent de bénéficier de droits de prescription ou de se prévaloir de situations jugées irrattraitable par la justice. Les délais d’expulsion, souvent longs et coûteux, découragent nombre de propriétaires de poursuivre les occupants.

La diversification des cibles en chiffres

Entre 2024 et 2026, les signalements de squat hors résidences principales ont augmenté de près de 30 % en France. Les garages et les bâtiments annexes représentent aujourd’hui 18 % des cas de squat signalés, contre moins de 5 % il y a trois ans. Les résidences secondaires concernent environ 22 % des nouveaux cas.

Le cadre légal : ce que change la nouvelle loi anti-squat en 2026

Bâtiment résidentiel avec serrure cadenas sur porte d'entrée fermée

Pour répondre à cette menace croissante, la législation française a durci les mesures anti-squat en 2025-2026. La loi anti-squat renforce les droits des propriétaires en accélérant les procédures d’expulsion et en augmentant les sanctions envers les occupants illégaux. Les squatteurs risquent désormais des peines plus sévères, notamment en matière de dégâts volontaires ou d’occupation prolongée sans consentement.

Le régime de la nouvelle loi distingue plusieurs cas. Pour une résidence secondaire, un propriétaire peut désormais demander l’expulsion d’office via une procédure simplifiée s’il peut prouver l’occupation illégale. Les propriétaires de résidences principales bénéficient d’une protection encore renforcée, avec des délais d’expulsion rapides, notamment en cas d’occupation intervenue après une rupture de bail.

Pour les garages, les piscines et autres biens annexes, le cadre légal reste plus complexe, mais la tendance générale est à la faveur du propriétaire. Il est conseillé de constituer un dossier solide, avec des preuves de propriété, des photos datées et des témoignages, avant de saisir la justice.

Squat de résidence secondaire : recours et réflexes pour se protéger

Face à ce contexte, plusieurs réflexes de prévention s’imposent. Le premier est la vigilance régulière : visiter ou faire inspecter sa résidence secondaire au moins une fois par mois, même brièvement. Une occupation détectée rapidement est plus facile à résoudre qu’une installation de longue durée.

Installer des dispositifs de sécurité renforce la prévention : serrures renforcées, caméras de surveillance, panneaux signalant la vidéosurveillance, ou même une présence périodique d’un tiers (voisin de confiance, professionnel). Pour les bateaux et les garages, un marquage visible de propriété et des clôtures ou portails solides constituent une première barrière.

En cas de découverte d’une occupation illégale, agir vite est crucial. Ne pas laisser s’installer les squatteurs plusieurs mois. Documenter les infractions avec photos et vidéos, puis saisir rapidement les forces de l’ordre et un avocat spécialisé en droit de l’immobilier. La plainte-dépôt auprès de la gendarmerie ou de la police nationale crée un dossier administratif utile pour les démarches légales ultérieures.

Certains propriétaires souscrivent une assurance squat ou location, qui couvre partiellement les dégâts et les frais d’expulsion. C’est un investissement à étudier selon la localisation et la valeur du bien. La consultation d’un huissier ou d’un avocat avant toute action est aussi fortement recommandée, car les procédures varient selon la région et le statut du bien.

Le squat de résidences secondaires ne relève plus seulement de l’anecdote : c’est une réalité croissante en 2026. Entre vigilance préventive, connaissance du cadre légal renforcé et réactivité en cas de détection, les propriétaires disposent d’outils pour protéger leurs biens. Mais la meilleure défense reste une occupation régulière et visible du bien, qui dissuade d’emblée les squatteurs.

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Direction éditoriale
Kevin est rédacteur spécialisé en conseil en mécénat et en stratégie de dons d’entreprise. Passionné par l’engagement sociétal des marques, il accompagne les organisations dans la valorisation de leurs actions solidaires. À travers ses articles, il partage analyses, conseils pratiques et tendances pour aider les entreprises à développer des initiatives responsables et durables.

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