Emploi

Grille des salaires dans la métallurgie : comment lire les coefficients et montants

Document papier affichant tableau comparatif salaires secteur metallurgie

Depuis l’entrée en vigueur de la nouvelle grille salaire métallurgie 2025 avec coefficients et montants à jour, les salariés du secteur disposent d’une grille unique pour situer leur rémunération. Fini les multiples accords territoriaux : place à un barème conventionnel national, applicable partout en France, qui fixe des planchers selon le poste occupé et son niveau de responsabilité.

Concrètement, cette grille des salaires dans la métallurgie s’appuie sur un système de groupes d’emplois et de coefficients hiérarchiques qui déterminent le salaire minimum hiérarchique de chaque salarié. En 2026, les montants s’échelonnent d’environ 21 980 € à plus de 68 000 € bruts annuels pour une base de 35 heures, du poste d’exécution le plus simple jusqu’aux fonctions d’encadrement supérieur.

La convention collective de la Métallurgie : cadre et entreprises concernées

La convention collective nationale métallurgie a été signée en février 2022 et s’applique depuis le 1er janvier 2024 à l’ensemble des entreprises du secteur, quelle que soit leur taille ou leur implantation géographique. Elle remplace les anciens textes territoriaux qui coexistaient auparavant, souvent avec des règles différentes d’une région à l’autre.

Ce texte unique couvre aussi bien les ouvriers, employés, techniciens et agents de maîtrise (OETAM) que les ingénieurs et cadres. L’objectif affiché était d’harmoniser les pratiques salariales et de simplifier la lecture des minima conventionnels pour les employeurs comme pour les salariés. Une garantie individuelle de rémunération a par ailleurs été instaurée : aucun salarié ne peut voir son salaire baisser du fait du passage à la nouvelle grille de classification.

Comprendre la classification des salariés dans la Métallurgie

Groupes d’emplois et coefficients hiérarchiques

La classification repose sur neuf groupes d’emplois, notés de A à I, qui correspondent à des niveaux de responsabilité, d’autonomie et de complexité croissants. Le groupe A concerne les tâches d’exécution les plus simples, tandis que le groupe I regroupe les fonctions de direction ou d’expertise stratégique. Chaque groupe est ensuite associé à un coefficient hiérarchique, qui affine la position exacte du salarié à l’intérieur de ce groupe.

Ce coefficient n’est pas figé une fois pour toutes : il évolue avec l’expérience acquise, les responsabilités confiées et les compétences développées. C’est ce coefficient, croisé avec le groupe d’emplois, qui détermine le montant du salaire minimum hiérarchique applicable.

Comment trouver son positionnement dans la grille

Pour situer sa position dans la grille, il faut d’abord identifier le contenu réel de son poste : missions confiées, degré d’autonomie, niveau de qualification requis. L’employeur doit indiquer ce classement sur le bulletin de paie ou dans le contrat de travail. En cas de doute, mieux vaut demander directement au service RH le groupe et le coefficient retenus, car une erreur de classification peut avoir un impact direct sur le salaire minimum garanti.

Grille des salaires minima hiérarchiques 2026 : tableau complet

Tableau avec colonnes montrant baremes salariaux annuels par niveau

Le salaire minimum hiérarchique correspond au plancher brut annuel garanti pour une durée de travail de 35 heures hebdomadaires, soit 151,67 heures mensuelles. Un salarié ne peut jamais percevoir moins que ce montant, ni moins que le SMIC si celui-ci s’avère plus élevé. Voici un aperçu synthétique des ordres de grandeur selon les niveaux de la grille.

Niveau / groupeProfil concernéSMH brut annuel indicatif
AExécution simple, débutant21 980 €
C à DOETAM qualifiés24 500 € à 29 000 €
FTechniciens, agents de maîtrise confirmés34 000 € à 38 000 €
G à HIngénieurs et cadres42 000 € à 55 000 €
ICadres dirigeants, expertsjusqu’à 68 450 €

Barème selon les coefficients (cadres et non-cadres)

Les OETAM, qui regroupent la majorité des effectifs, se répartissent essentiellement dans les groupes A à E, avec des minima progressant régulièrement selon le coefficient hiérarchique. Les ingénieurs et cadres démarrent généralement à partir du groupe F et bénéficient d’une progression plus marquée, reflétant l’élargissement des responsabilités et souvent l’encadrement d’équipes.

Cas particuliers : débutants, alternants et cadres au forfait

Les salariés débutants, sans expérience préalable dans le poste occupé, peuvent se voir appliquer une période où le salaire correspond strictement au minimum du groupe concerné, avant une éventuelle progression liée à la montée en compétence. Les alternants, quant à eux, relèvent d’une rémunération spécifique basée sur un pourcentage du SMIC ou du salaire minimum conventionnel, variable selon l’âge et l’année de formation.

Les cadres au forfait jours suivent également la grille de classification pour la détermination de leur position, mais leur rémunération doit rester cohérente avec le nombre de jours travaillés et respecter un plancher annuel spécifique, généralement supérieur au minimum classique du même groupe.

Un exemple concret pour s’y retrouver

Un technicien classé au groupe D, coefficient intermédiaire, avec 6 ans d’ancienneté dans l’entreprise, touche le SMH de son groupe augmenté de sa prime d’ancienneté, calculée en pourcentage du salaire minimum. Résultat : son salaire réel dépasse le plancher conventionnel affiché dans la grille brute.

Prime d’ancienneté et autres compléments de rémunération

La prime d’ancienneté reste un élément distinct du salaire minimum hiérarchique. Elle s’ajoute au SMH et se calcule en pourcentage de ce dernier, selon le nombre d’années passées au service de l’entreprise. Ce mécanisme permet de valoriser la fidélité des salariés sans modifier directement leur position dans la grille de classification.

D’autres éléments peuvent venir compléter la rémunération globale : primes de performance, treizième mois selon les accords d’entreprise, ou encore avantages en nature. Ces compléments ne sont toutefois pas systématiques et dépendent des accords collectifs propres à chaque société, en plus du socle fixé par la convention collective nationale métallurgie.

Évolutions et revalorisations des salaires en 2026

Documents de negociation avec tableaux de salaires imprimes

Les négociations salariales dans la métallurgie se tiennent chaque année entre les organisations patronales et syndicales, aboutissant à un avenant qui actualise les montants de la grille. Pour 2026, la revalorisation salariale moyenne se situe autour de 0,86 à 0,9 % par rapport aux montants de 2024, un niveau qui traduit un contexte économique plus contraint que les années précédentes.

Ces ajustements annuels visent à maintenir le pouvoir d’achat des salariés tout en tenant compte de la conjoncture du secteur industriel. Chaque avenant est ensuite étendu par arrêté ministériel, ce qui le rend applicable à l’ensemble des entreprises entrant dans le champ de la convention, qu’elles soient signataires ou non des accords initiaux.

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Article publié par la rédaction de Mecenova : conseil en mécénat et stratégie de dons d'entreprise.

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