La rémunération des praticiens hospitaliers a été revue en profondeur ces dernières années, et la grille applicable en 2025 continue cette dynamique de revalorisation. Un PH titulaire débute sa carrière autour de 4 600 € bruts mensuels et peut atteindre plus de 9 300 € bruts en fin de parcours, hors primes. En net, cela représente environ 3 900 € à 8 000 € par mois selon l’échelon atteint.
Grille de salaire PH net 2025 : montants par échelon
La grille indiciaire des praticiens hospitaliers à temps plein compte désormais 13 échelons, contre 10 auparavant. Cette extension résulte directement des travaux menés dans le cadre du Ségur de la Santé, qui visaient à combler l’écart de rémunération entre l’hôpital public et les autres modes d’exercice médical, notamment le secteur libéral et les cliniques privées.
Échelons et indices de la grille titulaire 2025
Chaque échelon correspond à un indice qui détermine le salaire brut de base. La progression se fait automatiquement avec l’ancienneté, sur des durées qui varient entre 1 et 3 ans selon l’échelon. Voici les ordres de grandeur observés pour un PH titulaire à temps plein en 2025 :
| Échelon | Ancienneté requise | Salaire brut mensuel | Salaire net estimé |
|---|---|---|---|
| 1 | Début de carrière | 4 600 € | 3 900 € |
| 4 | Environ 6 ans | 5 900 € | 4 850 € |
| 7 | Environ 12 ans | 7 100 € | 5 750 € |
| 10 | Environ 18 ans | 8 200 € | 6 650 € |
| 13 | Fin de carrière | 9 300 € | 7 900 € |
Salaires nets mensuels : exemples concrets
Un jeune praticien hospitalier qui vient de terminer son internat et intègre un CHU perçoit généralement un salaire net proche de 3 900 € par mois, primes non comprises. Après une dizaine d’années d’ancienneté, ce montant grimpe autour de 5 500 à 6 000 € nets, notamment grâce à la progression d’échelon et aux indemnités liées à la spécialité exercée. Un chirurgien ou un anesthésiste en fin de carrière, cumulant échelon élevé et primes de garde, peut dépasser 8 000 € nets mensuels, tandis qu’un psychiatre suit une trajectoire salariale assez proche, avec des indemnités sectorielles parfois différentes selon l’établissement.
Évolutions de la grille PH depuis le Ségur de la Santé
Le Ségur de la Santé, engagé en 2020, a marqué un tournant pour la carrière hospitalière des médecins. Il a permis la création de trois nouveaux échelons en sommet de grille, avec pour objectif de retenir les praticiens expérimentés qui étaient tentés de quitter le service public en fin de carrière. Cette revalorisation s’est accompagnée d’une refonte du calcul des indices, rapprochant progressivement les émoluments des PH de ceux pratiqués dans d’autres fonctions publiques à responsabilités comparables.
Depuis, plusieurs ajustements sont intervenus, notamment sur le rythme de progression entre échelons et sur le montant des indemnités annexes. La grille indiciaire 2025 intègre ces différentes révisions, avec une reconnaissance accrue de l’ancienneté et de l’engagement dans le service public hospitalier.
PH titulaire vs contractuel : différences de rémunération
Le statut de PH contractuel répond à une logique différente. Contrairement au titulaire, dont le salaire suit strictement la grille indiciaire de la fonction publique hospitalière, le contractuel négocie sa rémunération dans une fourchette encadrée, en fonction de son ancienneté et de sa spécialité. Cette souplesse permet parfois d’obtenir une rémunération légèrement supérieure en début de carrière, mais elle prive le praticien de certains avantages liés à la titularisation, comme la stabilité de la progression salariale ou l’accès à certaines primes réservées aux titulaires.
Le CNG encadre les grilles applicables aux contractuels afin d’éviter des écarts trop importants entre établissements. Un praticien hospitalier contractuel exerçant en CHU perçoit généralement un salaire comparable à celui d’un titulaire de même ancienneté, mais sans garantie de progression automatique d’échelon.
Primes et indemnités complémentaires
Le salaire brut affiché sur la grille ne représente qu’une partie de la rémunération réelle d’un praticien hospitalier. Plusieurs primes viennent s’ajouter, parfois de façon substantielle.
IESPE, PECH et primes d’exercice territorial
L’IESPE (indemnité d’engagement de service public exclusif) récompense les praticiens qui n’exercent aucune activité libérale en parallèle de leur poste hospitalier. Elle peut représenter plusieurs centaines d’euros mensuels supplémentaires. La PECH, prime d’engagement de carrière hospitalière, vise quant à elle à fidéliser les praticiens sur le long terme, avec un montant qui augmente selon l’ancienneté cumulée dans l’établissement. À cela s’ajoute l’indemnité d’exercice territorial, versée aux praticiens qui interviennent sur plusieurs sites d’un même groupement hospitalier.
Indemnités de garde, astreintes et TTA
Les gardes de nuit et le travail le week-end donnent lieu à des indemnités spécifiques, calculées par demi-période. Les astreintes sont rémunérées séparément, avec un forfait de base auquel s’ajoute une compensation en cas de déplacement effectif. Le TTA (temps de travail additionnel) permet enfin aux praticiens volontaires d’effectuer des vacations supplémentaires au-delà de leurs obligations de service, rémunérées à un taux horaire fixé nationalement.
Une vacation de temps de travail additionnel est généralement rémunérée autour de 380 € brut la demi-journée. Un praticien qui en effectue régulièrement peut ainsi augmenter son revenu net de 500 à 1 000 € par mois, en plus de son traitement de base.
Progression et évolution salariale dans la carrière
La progression d’échelon repose principalement sur l’ancienneté, avec une évolution automatique tous les deux ou trois ans selon la position dans la grille. Un praticien hospitalier qui débute sa carrière au premier échelon peut espérer atteindre le sommet de la grille après environ 24 à 26 ans d’exercice continu au sein de la fonction publique hospitalière. Cette progression est identique pour l’ensemble des spécialités médicales, seules les primes sectorielles venant différencier les revenus entre un généraliste, un chirurgien ou un psychiatre.
La revalorisation continue de la grille, associée aux différentes primes, permet aujourd’hui à un praticien hospitalier expérimenté d’atteindre un niveau de rémunération plus compétitif face aux offres du secteur privé, tout en conservant les avantages liés au statut de la fonction publique hospitalière, notamment en matière de retraite et de sécurité de l’emploi.





