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La grande distribution se dote de son premier Observatoire du gaspillage alimentaire

Aliments pourris et jetes empiles dans benne supermarche

Les supermarchés jettent-ils vraiment moins qu’avant ? Jusqu’ici, la réponse reposait sur des estimations dispersées. En septembre 2026, les distributeurs ont décidé de mettre des chiffres communs sur la table avec un outil inédit : un observatoire dédié au gaspillage alimentaire.

Le lancement du premier Observatoire du gaspillage alimentaire en grande distribution

La réponse tient en une phrase : la grande distribution française crée son premier observatoire pour mesurer les pertes alimentaires dans les magasins et accélérer la lutte contre le gaspillage. L’initiative est portée par la FCD (Fédération du Commerce et de la Distribution) et par Perifem, deux acteurs bien connus du secteur.

L’idée est de passer d’efforts souvent isolés, enseigne par enseigne, à un suivi partagé. Concrètement, l’observatoire doit rassembler des données comparables, pour que le secteur sache où il en est et où il doit encore progresser.

FCD et Perifem : les acteurs à l’origine de l’initiative

La FCD représente les grandes enseignes du commerce alimentaire et non alimentaire. Elle porte la voix des distributeurs auprès des pouvoirs publics et coordonne leurs engagements collectifs sur des sujets comme l’alimentation durable ou la transition écologique.

Perifem, de son côté, est une association qui produit des études et des données pour le commerce et la distribution. Son rôle est central ici : sans méthode de collecte solide, un observatoire n’est qu’une vitrine. Le tandem associe donc la capacité de mobilisation des enseignes et le savoir-faire statistique.

Mesurer avant d’agir : la logique de l’observatoire

Sans référentiel commun, deux enseignes peuvent afficher des résultats impossibles à comparer. L’observatoire vise à unifier la façon de compter, pour que les progrès annoncés soient lisibles et vérifiables.

Missions et objectifs de l’Observatoire

Employe pesant produits alimentaires en magasin

Le premier objectif est de mesurer de façon fiable le gaspillage alimentaire dans les magasins. Cela suppose de s’entendre sur ce que l’on compte, sur la manière de le peser et sur la fréquence des relevés.

Le second est d’accélérer. Une fois les données en main, les distributeurs peuvent repérer les rayons, les périodes ou les pratiques qui génèrent le plus de pertes, puis diffuser les solutions qui marchent : gestion plus fine des stocks, vente de produits à date courte à prix réduit, dons aux associations, valorisation des invendus.

Un troisième effet est attendu : plus de transparence. Publier des résultats consolidés, c’est accepter d’être jugé sur pièces par les pouvoirs publics, les associations et les consommateurs. Les modalités précises (méthodologie détaillée, rythme de publication) restent à suivre dans les prochains mois.

Les enjeux du gaspillage alimentaire dans la distribution

En France, le gaspillage alimentaire se chiffre en millions de tonnes par an. Les estimations de l’ADEME tournent autour de 10 millions de tonnes de pertes et de gaspillage sur l’ensemble de la chaîne, de la production à l’assiette. La distribution n’en représente qu’une part minoritaire, mais elle occupe une place stratégique : elle fait le lien entre les producteurs et les consommateurs.

Le cadre légal pousse d’ailleurs le secteur à agir. La loi Garot de 2016 oblige les grandes surfaces à proposer leurs invendus consommables à des associations. La loi AGEC de 2020 fixe un objectif de réduction de 50 % du gaspillage alimentaire d’ici 2030 par rapport à 2015 pour la distribution alimentaire et la restauration collective.

Le sujet s’inscrit aussi dans une dynamique plus large, celle de la SNANC (Stratégie nationale pour l’alimentation, la nutrition et le climat), qui place la réduction du gaspillage parmi les leviers d’une alimentation plus durable. Pour les enseignes, l’enjeu est à la fois écologique, économique (un produit jeté est un produit payé) et d’image.

Pourquoi cette annonce arrive maintenant

L’échéance de 2030 se rapproche et les pouvoirs publics comme les associations réclament des résultats chiffrés. Dans ce contexte, une distribution qui dispose de ses propres données peut démontrer ses progrès, mais aussi reconnaître ses points faibles avant qu’on les lui oppose.

L’observatoire répond également à une attente des clients, de plus en plus sensibles à ce qui finit à la poubelle derrière les rayons. Reste à voir si les chiffres publiés seront assez détaillés pour convaincre. C’est là que se jouera la crédibilité de l’initiative.

Ce qu’il faudra surveiller ensuite

Trois points méritent d’être suivis : le nombre d’enseignes qui joueront réellement le jeu, la qualité des indicateurs retenus et la régularité des publications. Un observatoire utile est un observatoire qui livre des résultats comparables d’une année sur l’autre, y compris quand ils ne sont pas flatteurs.

Si la promesse est tenue, la grande distribution disposera d’un tableau de bord commun pour ses efforts contre le gaspillage alimentaire. Les consommateurs, eux, auront enfin de quoi vérifier si les engagements affichés en magasin se traduisent par moins de produits jetés.

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Article publié par la rédaction de Mecenova : conseil en mécénat et stratégie de dons d'entreprise.

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