Finance

Strépy-Thieu, l’ascenseur funiculaire de 117 mètres qui a détenu un record mondial

Cabine suspendue montant verticalement entre pylones metalliques

Dans le Hainaut belge, un ouvrage de béton et d’acier soulève des péniches entières comme de simples jouets. L’ascenseur funiculaire de Strépy-Thieu a longtemps porté un titre que personne ne lui contestait : celui du plus haut ascenseur à bateaux du monde. Retour sur un record tenu pendant 14 ans, et sur celui qui a fini par le lui prendre.

Présentation de l’ascenseur de Strépy-Thieu

Situé près de La Louvière, sur le Canal du Centre, l’ascenseur à bateaux de Strépy-Thieu permet aux péniches de franchir un dénivelé impressionnant sans passer par une succession d’écluses. Le principe tient en une phrase : deux bacs remplis d’eau, dans lesquels flottent les bateaux, montent et descendent verticalement le long de deux tours jumelles. C’est cette hauteur de translation qui a fait entrer l’ouvrage dans les livres de records.

117 mètres de haut : un record mondial détenu 14 ans

La réponse tient en un chiffre : 117 mètres de haut. C’est la hauteur totale des structures qui encadrent les bacs, avec une hauteur de levage de près de 73 mètres pour les bateaux eux-mêmes. À sa mise en service, l’ascenseur de Strépy-Thieu devient officiellement le plus haut ascenseur à bateaux jamais construit, dépassant largement tout ce qui existait jusque-là en matière de navigation fluviale.

Le plus haut ascenseur à bateaux de 2002 à 2016

De 2002 à 2016, aucun ouvrage au monde n’a fait mieux. Pendant ces 14 années, Strépy-Thieu reste la référence absolue pour ce type d’infrastructure, cité dans les publications techniques et visité par des ingénieurs venus étudier son fonctionnement. Le record n’est pas anecdotique : il illustre la prouesse technique nécessaire pour déplacer verticalement des milliers de tonnes d’eau et de bateaux avec une précision millimétrique.

Quel ouvrage a détrôné Strépy-Thieu ?

Le titre change de continent en 2016. C’est en Chine que naît le nouveau champion : l’ascenseur à bateaux de Gangjinkou, associé au barrage des Trois Gorges, atteint 134 mètres de haut. Un écart de 17 mètres qui suffit à reléguer Strépy-Thieu à la deuxième place mondiale, mais sans lui faire perdre son statut de plus grand ascenseur à bateaux d’Europe, qu’il conserve encore aujourd’hui.

OuvrageHauteurRecord mondial
Strépy-Thieu (Belgique)117 m2002 à 2016
Gangjinkou (Chine)134 mDepuis 2016

Comment fonctionne l’ascenseur à bateaux ?

Peniches immobiles dans bassin geant avec contrepoids

Le mécanisme repose sur un système de contrepoids qui équilibre le poids de chaque bac d’eau. Chaque bac mesure environ 112 mètres de long et contient assez d’eau pour porter des péniches jusqu’à 1350 tonnes, sans que le niveau ne varie une fois le bateau à bord : c’est le principe d’Archimède qui garantit cette stabilité, quel que soit le tonnage transporté.

La translation, c’est-à-dire le déplacement vertical du bac, dure environ 7 minutes pour franchir les 73 mètres de dénivelé. Des câbles et des vérins hydrauliques assurent la synchronisation parfaite des deux bacs, l’un montant pendant que l’autre descend, dans un ballet mécanique réglé au millimètre près.

Le calcul qui a longtemps semblé impossible

Faire monter d’un coup 1350 tonnes de péniche et d’eau sur 73 mètres sans jamais faire déborder le bac : c’est ce défi d’ingénierie qui a valu à Strépy-Thieu son record mondial pendant 14 ans.

Construction et histoire de l’ouvrage

Le chantier de l’ascenseur de Strépy-Thieu s’étale sur une vingtaine d’années, entre les premières études dans les années 1980 et la mise en service effective en 2002. Ce délai s’explique par l’ampleur des travaux : il fallait remplacer un tronçon vieillissant du Canal du Centre, équipé de quatre anciens ascenseurs hydrauliques datant de la fin du 19e siècle, devenus trop petits pour le gabarit des péniches modernes.

Ces anciens ascenseurs, eux, n’ont pas disparu. Ils sont aujourd’hui classés au patrimoine mondial de l’UNESCO, aux côtés du canal historique, formant un ensemble unique où cohabitent la technologie du 19e siècle et celle du 21e siècle sur quelques kilomètres seulement.

Visiter l’ascenseur de Strépy-Thieu

L’ouvrage se visite toute l’année, avec un centre d’accueil qui propose des explications sur son fonctionnement et, à certaines périodes, la possibilité d’embarquer sur une péniche pour vivre la translation de l’intérieur. C’est une expérience assez rare en Belgique : voir un bateau suspendu à 70 mètres au-dessus du sol, porté par une masse d’eau qui semble défier la gravité.

Pour les amateurs de patrimoine industriel, l’idéal reste de combiner la visite de Strépy-Thieu avec celle des anciens ascenseurs historiques du Canal du Centre, distants de quelques kilomètres, un contraste frappant avec le sort du canal Rhin-Rhône abandonné en 1997, dont il ne subsiste que des ponts inachevés en pleine campagne. Les deux sites racontent, à un siècle d’écart, la même obsession : faire voyager les péniches là où le relief semblait l’interdire.

Partager cet article
Article publié par la rédaction de Mecenova : conseil en mécénat et stratégie de dons d'entreprise.

A lire aussi

Laisser un commentaire —

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *