Emploi

Arrêt maladie avant congé maternité : y a-t-il une perte de salaire ?

Allan
Allan
juillet 25, 2026 6 min
Femme enceinte tenant documents medicaux, mine preoccupee.

Une grossesse difficile impose parfois un arrêt de travail avant même le début du congé maternité. La question qui inquiète le plus les futures mères concerne l’argent : cet arrêt va-t-il faire baisser leurs revenus au moment où elles en ont le plus besoin, une préoccupation comparable à celle des salariés ayant des droits au chômage après un licenciement ? La réponse dépend surtout de la nature de l’arrêt prescrit par le médecin.

Un arrêt maladie avant le congé maternité fait-il perdre de l’argent ?

Oui, une perte de salaire est possible, mais elle n’est pas automatique. Tout dépend si l’arrêt est classé comme un arrêt maladie grossesse ordinaire ou comme un congé pathologique prénatal. Dans le premier cas, l’Assurance Maladie applique un délai de carence de trois jours et verse des indemnités journalières limitées à 50 % du salaire de référence, ce qui représente un vrai manque à gagner si l’employeur ne complète pas ce montant.

Dans le second cas, celui du congé pathologique lié à la grossesse, l’indemnisation suit les règles du congé maternité, généralement plus favorables et sans carence. La différence entre ces deux situations explique pourquoi deux salariées enceintes arrêtées au même moment peuvent toucher des sommes très différentes.

Arrêt maladie classique vs congé pathologique prénatal : quelle différence ?

Le code du travail et la Sécurité sociale distinguent deux régimes bien précis pour les arrêts survenant en fin de grossesse, et cette distinction pèse directement sur le montant perçu chaque mois.

Le congé pathologique prénatal

Prescrit par un médecin lorsque l’état de santé lié à la grossesse le justifie, le congé pathologique prénatal peut durer jusqu’à quatorze jours calendaires avant la date de début du congé maternité initialement prévue. Il est rattaché au régime maternité et non au régime maladie, ce qui change tout pour le calcul des indemnités journalières. La CPAM verse alors les IJSS maternité dès le premier jour, sans jour de carence, contrairement à un arrêt maladie standard.

L’arrêt maladie pendant la grossesse

Quand l’arrêt n’est pas lié spécifiquement à un état pathologique reconnu comme tel, il relève du régime général de l’arrêt maladie. La salariée subit alors trois jours de carence non indemnisés par la Sécurité sociale, sauf si sa convention collective ou son employeur prévoit un maintien de salaire dès le premier jour. C’est précisément ce type d’arrêt qui génère le plus souvent une perte de revenus avant l’entrée en congé maternité.

Comment sont calculées les indemnités journalières du congé maternité ?

Femme enceinte consultant documents salariaux et calculs financiers.

Le calcul repose sur le salaire journalier de base, obtenu à partir des revenus bruts perçus durant les trois derniers mois de travail (ou les douze derniers mois pour les salaires irréguliers). Ce salaire de référence est ensuite plafonné selon le plafond de la Sécurité sociale en vigueur, avant d’être divisé pour obtenir le montant journalier des indemnités journalières de maternité.

Concrètement, une salariée qui touchait 2 200 euros bruts mensuels avant sa grossesse percevra des IJSS calculées sur cette base, dans la limite du plafond applicable. L’employeur transmet à la CPAM une attestation de salaire qui sert de référence unique pour ce calcul, d’où l’importance de sa transmission rapide et exacte, comme pour tous les documents faisant partie des obligations légales d’affichage obligatoire en entreprise.

Type d’arrêtCarenceBase de calculIndemnisation
Arrêt maladie classique3 joursSalaire brut des 3 derniers mois50 % du salaire journalier de base
Congé pathologique prénatalAucuneMême règle que le congé maternitéIndemnisation maternité complète

L’arrêt maladie modifie-t-il le calcul de vos indemnités de maternité ?

Voici le point le plus sensible : un arrêt maladie classique juste avant la grossesse peut, dans certains cas, faire baisser le salaire de référence retenu pour le calcul des IJSS maternité si les indemnités journalières perçues pendant cet arrêt n’ont pas été intégralement maintenues par l’employeur. Comme la CPAM se base sur les trois derniers mois de salaire réellement perçu, une période d’arrêt mal indemnisée en amont peut mécaniquement réduire le montant retenu comme référence.

À l’inverse, un congé pathologique prénatal bien identifié comme tel n’affecte généralement pas ce calcul de la même manière, puisqu’il s’inscrit dans la continuité du régime maternité. C’est pourquoi la qualification exacte de l’arrêt par le médecin traitant a une importance concrète sur le montant final perçu par la salariée.

L’erreur qui coûte cher : confondre les deux régimes

Beaucoup de salariées pensent que tout arrêt en fin de grossesse est automatiquement traité comme un congé pathologique. Ce n’est pas le cas : sans mention explicite du médecin sur le certificat d’arrêt, la CPAM applique le régime maladie classique, avec carence et taux réduit. Vérifiez toujours la nature exacte de l’arrêt inscrite par le praticien.

Conditions pour percevoir les indemnités journalières de maternité

Pour bénéficier des IJSS maternité, la salariée doit justifier d’une durée de cotisation minimale, généralement dix mois d’affiliation à la date présumée de l’accouchement, ainsi qu’un nombre d’heures travaillées ou un montant de cotisations sur une période de référence fixée par l’Assurance Maladie. L’affiliation à un régime de sécurité sociale doit être continue sur cette période pour ouvrir les droits.

L’employeur joue aussi un rôle déterminant dans ce processus, puisqu’il doit fournir l’attestation de salaire sans délai excessif après la date de début de congé. Un retard dans cette transmission peut retarder le versement des indemnités, même si les droits sont par ailleurs bien ouverts. Certaines conventions collectives prévoient également un maintien de salaire intégral pendant l’arrêt, ce qui neutralise en pratique tout risque de perte financière pour la salariée concernée.

Avant de signer un arrêt de travail en fin de grossesse, il reste utile d’échanger avec le service des ressources humaines pour connaître les dispositions spécifiques applicables et anticiper, si besoin, une éventuelle baisse temporaire de revenus, une étape importante dans la construction de votre projet professionnel.

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Direction éditoriale
Kevin est rédacteur spécialisé en conseil en mécénat et en stratégie de dons d’entreprise. Passionné par l’engagement sociétal des marques, il accompagne les organisations dans la valorisation de leurs actions solidaires. À travers ses articles, il partage analyses, conseils pratiques et tendances pour aider les entreprises à développer des initiatives responsables et durables.

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