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Un halo vert géant au sud de la Nouvelle-Zélande, capté depuis l’espace par la NASA

Rideau lumineux courbant autour de la Terre sombre

Imaginez un anneau turquoise et vert vif, large de plusieurs dizaines de kilomètres, qui enlace des îles perdues dans l’océan Austral. Ce n’est ni une pollution ni un effet d’optique. Les satellites de la NASA ont photographié ce spectacle au sud de la Nouvelle-Zélande, et son explication tient en un mot : la vie.

Un mystérieux halo vert photographié depuis l’espace

La réponse courte : ce halo est une immense floraison de phytoplancton, ces microalgues qui prolifèrent à la surface quand l’eau réunit lumière et nutriments. Vu du ciel, le bloom dessine des volutes et des anneaux autour des îles néo-zélandaises subantarctiques, posées sur ce vaste continent englouti à l’origine de la Nouvelle-Zélande qui forme le plateau continental au sud du pays. Les images de la NASA montrent des filaments verts qui s’étirent dans un océan d’un bleu très sombre.

Cette teinte n’a rien de mystérieux. Les microalgues contiennent de la chlorophylle, le pigment qui donne leur couleur aux feuilles. Quand elles se comptent en milliards dans quelques mètres d’eau, elles changent la couleur de l’océan, au point que la mer devient visible depuis l’orbite comme une tache verte, parfois laiteuse.

Une floraison géante de phytoplancton

Le phytoplancton est un ensemble d’organismes microscopiques qui vivent en surface et captent la lumière du soleil, comme des plantes flottantes. Pour se multiplier, il lui faut des nutriments marins (nitrates, phosphates, fer) et assez de soleil. Dans l’hémisphère sud, ces conditions se rejoignent au printemps et en été austral, quand les jours s’allongent.

Le bloom démarre alors par une croissance explosive. Les microalgues se divisent en quelques heures ou quelques jours, tant que la nourriture ne manque pas. Le halo peut ainsi apparaître en une poignée de jours, puis s’estomper quand les nutriments s’épuisent ou que le zooplancton commence à brouter cette manne.

L’océan Austral a une particularité : ses eaux sont riches en nitrates mais pauvres en fer, ce qui freine souvent la production de chlorophylle. Un apport ponctuel de fer suffit donc à déclencher des floraisons spectaculaires, et c’est là que la géographie entre en scène.

Le relief sous-marin, sculpteur invisible du phénomène

Eau bleue remontant contre pente oceanique raide

Les îles néo-zélandaises du sud, comme les îles Auckland ou l’île Campbell, se dressent sur un vaste plateau immergé. Ce relief sous-marin agit comme un obstacle pour les courants marins. Quand un courant océanique rencontre une remontée du fond, l’eau est déviée vers le haut : c’est le principe de l’upwelling.

Cette eau remontée arrive des profondeurs avec sa charge de nutriments, qu’elle dépose dans la couche éclairée. Les îles fournissent aussi leur part, car le ruissellement et les sédiments du plateau enrichissent l’eau en fer. Le mélange, associé aux tourbillons qui se forment derrière le relief, explique pourquoi le vert se dessine en anneaux et en volutes plutôt qu’en nappe uniforme.

Idée reçue : un halo vert serait-il une marée toxique ?

Pas forcément. Une floraison n’est pas synonyme de danger. Certaines espèces produisent des toxines, mais la majorité des blooms de l’océan Austral nourrissent simplement la chaîne alimentaire. Seuls des prélèvements sur place permettent de trancher, ce que les images satellite seules ne peuvent pas faire.

L’œil spatial de la NASA au service de l’océanographie

Ces images viennent de l’observation satellite de la couleur de l’océan. Des instruments comme MODIS, embarqué sur les satellites Aqua et Terra, ou VIIRS mesurent la lumière renvoyée par la surface dans plusieurs longueurs d’onde. Plus l’eau contient de chlorophylle, plus elle absorbe le bleu et reflète le vert : l’imagerie spatiale transforme cette nuance en carte de la vie marine.

Cet outil est précieux dans une région aussi isolée que l’océan Austral, où les navires scientifiques passent rarement. Les satellites offrent un suivi régulier et gratuit de vastes zones, qu’aucune campagne en mer ne pourrait couvrir. Les chercheurs en océanographie s’en servent pour repérer les blooms, mesurer leur taille et comparer leur évolution d’une saison à l’autre.

Ce halo alimente aussi l’étude des sciences de la Terre au sens large, car il relie géologie du fond marin, circulation des eaux et biologie dans un même cliché. Un simple coup d’œil depuis l’orbite suffit à montrer à quel point le fond de l’océan influence la surface.

Pourquoi ces floraisons comptent pour l’écosystème marin

Le phytoplancton est le premier maillon de l’écosystème marin. Il nourrit le zooplancton, le krill, les poissons, puis les oiseaux de mer, les phoques et les baleines qui fréquentent ces eaux. Un bloom puissant autour d’un archipel, c’est un garde-manger géant qui attire une faune abondante.

Son rôle dépasse la chaîne alimentaire. En pratiquant la photosynthèse, les microalgues absorbent du dioxyde de carbone et en entraînent une partie vers les profondeurs quand elles meurent et coulent. Elles participent aussi à la production d’oxygène de la planète. Suivre ces floraisons depuis l’espace permet donc de mieux comprendre la santé des océans et leur rôle dans le climat.

À retenir sur ce halo venu du sud

Le halo vert photographié au sud de la Nouvelle-Zélande est un bloom de phytoplancton, nourri par des nutriments remontés grâce au plateau sous-marin et par le fer que fournissent les îles. La NASA l’a capté grâce à des instruments qui lisent la couleur de l’océan. Ce spectacle, qui revient au fil des saisons, rappelle que les grandes structures de la vie marine se lisent parfois mieux depuis l’espace que depuis la mer.

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Article publié par la rédaction de Mecenova : conseil en mécénat et stratégie de dons d'entreprise.

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