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Un cancer sur huit lié à une infection : beaucoup pourraient être évités

Bacteries colorees cultivees dans boite petri

Un cancer n’a pas toujours besoin de tabac ni de mauvais gènes pour apparaître. Parfois, il démarre par un virus ou une bactérie dont on ne soupçonne même pas la présence. Et la bonne nouvelle, c’est que ce scénario est l’un des plus faciles à contrer, contrairement à des approches encore expérimentales comme cette injection anticancer testée chez la souris.

Un cancer sur huit causé par une infection : les chiffres de l’OMS

D’après les travaux du CIRC, l’agence de l’OMS spécialisée dans la recherche sur le cancer, environ un cancer sur huit dans le monde est attribuable à une infection. Cela représente 2,3 millions de cas chaque année, soit plus de 12 % de l’ensemble des nouveaux diagnostics. Ces estimations reposent sur les données mondiales de l’année 2022.

L’Organisation mondiale de la Santé insiste sur un point : une grande partie de ces cancers est évitable. Il existe des vaccins, des tests de dépistage et des traitements capables de stopper l’agent infectieux avant qu’il n’abîme durablement les cellules. Reste à les rendre accessibles à tous.

Le poids de ces infections n’est pas le même partout. Dans les pays à faible revenu, la part des cancers liés à un agent infectieux est nettement plus élevée que dans les pays riches, faute de vaccination, de dépistage et de soins disponibles à grande échelle.

Quelles infections sont responsables de ces cancers ?

Une poignée d’agents infectieux concentre l’essentiel du problème. Le papillomavirus (HPV), les virus des hépatites B et C et la bactérie Helicobacter pylori expliquent à eux seuls la grande majorité des cas. D’autres microbes jouent un rôle plus limité, mais bien réel, à l’image de ce ver retrouvé dans un cerveau humain.

Le mécanisme se ressemble d’un agent à l’autre. L’infection s’installe de façon chronique, provoque une inflammation durable ou perturbe directement le fonctionnement des cellules. Au fil des années, voire des décennies, ces dérèglements finissent par favoriser l’apparition de cellules cancéreuses.

Agent infectieux Cancers concernés Levier principal
HPV (papillomavirus) Col de l’utérus, anus, gorge, pénis Vaccination et dépistage
Hépatites B et C Foie Vaccin (B), traitement antiviral
Helicobacter pylori Estomac Test et antibiotiques
Virus d’Epstein-Barr Certains lymphomes, nasopharynx Surveillance, pas de vaccin

Les cancers les plus fréquemment liés aux infections

Seringue vaccin et ecouvillons medicaux sur surface blanche

Le cancer du col de l’utérus est l’exemple le plus parlant : il est provoqué par une infection persistante à HPV dans la quasi-totalité des cas. C’est aussi le cancer pour lequel la prévention est la plus efficace, grâce au vaccin et au frottis.

Le cancer du foie, lui, découle souvent d’une hépatite B ou C chronique. Ces virus peuvent rester silencieux pendant des années, ce qui retarde le diagnostic. Quant au cancer de l’estomac, il est fortement associé à Helicobacter pylori, une bactérie très répandue qui peut s’attraper dès l’enfance.

Idée reçue : « un cancer lié à un virus, c’est contagieux »

Faux. Le cancer lui-même ne se transmet pas d’une personne à l’autre. C’est l’infection qui peut se transmettre, et c’est elle qu’on peut vacciner, dépister ou soigner pour réduire le risque de cancer des années plus tard.

Comment prévenir ces cancers évitables ?

La prévention repose sur trois piliers : vacciner, dépister, traiter. Chacun cible une étape différente de la chaîne qui mène de l’infection au cancer.

La vaccination, premier rempart

Le vaccin contre le HPV est recommandé en France dès 11 ans, pour les filles comme pour les garçons, avec un rattrapage possible jusqu’à 19 ans. Il protège contre les virus responsables de la plupart des cancers du col de l’utérus. Le vaccin contre l’hépatite B est quant à lui obligatoire pour les nourrissons et protège durablement le foie.

Le dépistage pour agir tôt

Le dépistage du cancer du col de l’utérus repose sur un frottis entre 25 et 29 ans, puis sur un test HPV à partir de 30 ans. Il détecte des anomalies bien avant qu’elles deviennent des cancers. Pour les hépatites, une simple prise de sang permet de savoir si l’on est porteur, ce qui concerne notamment les personnes exposées par le passé à un risque de transmission.

Le traitement de l’infection

Les antiviraux modernes guérissent l’hépatite C dans la très grande majorité des cas, et ceux contre l’hépatite B contrôlent le virus. Pour Helicobacter pylori, une cure d’antibiotiques éradique la bactérie après un test positif. Éliminer l’agent infectieux, c’est retirer au cancer l’un de ses déclencheurs.

Enfin, les gestes du quotidien comptent : préservatif pour limiter la transmission du HPV et des hépatites, matériel d’injection jamais partagé, hygiène alimentaire et de l’eau. Parlez-en à votre médecin pour faire le point sur vos vaccins et vos dépistages, surtout si vous ne savez plus où vous en êtes. C’est souvent là que se joue la différence en matière de santé publique, un patient à la fois.

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Article publié par la rédaction de Mecenova : conseil en mécénat et stratégie de dons d'entreprise.

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