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Sur une chargeuse de 24 tonnes, l’hydrogène se loge dans les roues faute de place ailleurs

Allan
Allan
septembre 23, 2026 5 min
Chargeuse jaune massive avec reservoirs hydrogene integres dans les roues

Une chargeuse de 24 tonnes repensée pour l’hydrogène

Imaginez un engin de chantier qui ne rejette que de l’eau. C’est la promesse des chargeuses à hydrogène, et Liebherr en teste une version qui pourrait bien révolutionner le secteur BTP. Mais où loger les réservoirs sur une machine de 24 tonnes déjà très compacte ? La réponse vient d’une idée insolite : les roues elles-mêmes deviennent des réservoirs d’hydrogène.

Cette intégration atypique n’est pas un choix fantasiste. Elle résout un vrai problème : l’encombrement. Les engins lourds de chantier ne disposent que d’un espace limité pour ajouter des équipements supplémentaires. Sur une chargeuse compacte, chaque centimètre compte. Les roues, volumineuses et jusque-là « inutilisées » en termes de stockage, deviennent donc une solution logique pour accueillir le carburant zéro émission.

Pourquoi cette contrainte d’espace existe

Les chargeuses de 24 tonnes sont des machines polyvalentes : elles doivent rester suffisamment agiles pour naviguer sur les chantiers étroits, tout en conservant une puissance de levage impressionnante. Ajouter une batterie électrique aurait alourdi l’engin et réduit sa capacité de charge utile. L’hydrogène, plus léger qu’un système de batteries, semblait idéal. Sauf que l’hydrogène, même stocké en réservoir haute pression (700 bars), demande une certaine place.

Les concepteurs se sont trouvés face à un choix : modifier la structure globale de la machine (ce qui aurait coûté très cher et rallongé les délais) ou trouver des espaces non conventionnels. Les roues, épaisses et structurées, ofrent une capacité volumétrique suffisante sans compromettre la silhouette générale de la chargeuse.

La solution Liebherr : des réservoirs intégrés dans les roues

Roue de camion avec réservoirs hydrogène intégrés visibles

Le fabricant allemand a donc opté pour une innovation technique audacieuse : intégrer des réservoirs d’hydrogène haute pression à l’intérieur même de la structure des roues. Cette approche permet de conserver les dimensions externes de l’engin tout en doublant sa capacité de stockage hydrogène.

Pour que cela fonctionne, les roues ne sont pas simplement des pneus gonflés d’air. Elles accueillent des compartiments étanches capables de supporter les 700 bars nécessaires au stockage de l’hydrogène. C’est un défi de conception mécanique : les roues doivent rester souples pour absorber les chocs du terrain, tout en restant suffisamment robustes pour contenir un gaz sous haute pression.

Cette intégration réduit aussi le poids des réservoirs. Au lieu de fixer des citernes volumineuses à l’arrière ou sous le chassis (comme dans certains prototypes de véhicules lourds), l’hydrogène est réparti sur quatre points, ce qui améliore la stabilité de la machine et réduit les vibrations en roulage.

Pourquoi pas dans le chassis ?

Les réservoirs classiques seraient en compétition directe avec le moteur, la cabine et le circuit hydraulique de levage. Sur une chargeuse compacte, cet espace est déjà saturé. Les roues, avec leur géométrie radiale, permettent un stockage sans sacrifier l’accessibilité des composants critiques.

Les avantages de cette intégration pour la mobilité hydrogène

Cette approche résout plusieurs défis majeurs de la transition énergétique des engins de chantier. En premier lieu, elle démontre qu’il est possible de passer à l’hydrogène sans redesigner entièrement les machines. Les fabricants peuvent adapter leurs modèles existants en modifiant les roues, ce qui réduit les coûts de développement et accélère le déploiement.

Deuxièmement, l’intégration distribuée améliore les performances. Les roues en tant que réservoirs réduisent le centre de gravité effectif et équilibrent mieux la répartition du poids, crucial pour la stabilité en terrain difficile. Une chargeuse plus stable est une chargeuse plus sûre et plus productive.

Troisièmement, cette innovation illustre comment la décarbonation des engins lourds ne nécessite pas toujours des ruptures radicales. Elle peut venir de petits changements intelligents de conception, adaptés aux contraintes réelles des machines et des chantiers. Pour le secteur BTP, c’est une bonne nouvelle : le passage à l’hydrogène devient plus réaliste et moins perturbateur qu’une électrification complète.

Les défis techniques et les tests en cours

Bien sûr, cette solution n’est pas sans complications. Liebherr doit valider la durabilité des roues-réservoirs sous les contraintes extrêmes d’un chantier : vibrations, charges asymétriques, usure du pneu, variations de température. Une fuite d’hydrogène dans une roue pourrait compromettre la pression et donc l’autonomie de la machine.

Les tests actuels visent à prouver que cette intégration peut fonctionner en condition réelle pendant des années sans maintenance excessive. Les prototypes de chargeuse 24 tonnes équipés de cette technologie sont en phase de démonstration sur des chantiers partenaires en Europe.

Si cette validation réussit, on peut s’attendre à voir d’autres constructeurs d’engins lourds explorer des solutions similaires. Les pelleteuses, les dumpers et même les compacteurs pourraient bénéficier de cette logique : utiliser les éléments structurels existants comme réservoirs embarqués, plutôt que d’ajouter du volume externe.

Un symbole de la transformation du secteur BTP

Cette chargeuse de 24 tonnes avec ses roues-réservoirs incarne une réalité souvent oubliée : la décarbonation ne progresse pas toujours par les chemins attendus. Ce n’est pas une bataille simple batterie contre hydrogène. C’est une quête d’équilibre entre performance, coût et faisabilité technique.

Pour les entreprises de travaux publics et de manutention, un engin aussi innovant représente une opportunité : continuer à utiliser du matériel puissant et fiable, tout en réduisant leur impact environnemental. Liebherr parie que les chargeuses hydrogène seront au cœur de la mobilité zéro émission des chantiers dès les années à venir.

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Direction éditoriale
Kevin est rédacteur spécialisé en conseil en mécénat et en stratégie de dons d’entreprise. Passionné par l’engagement sociétal des marques, il accompagne les organisations dans la valorisation de leurs actions solidaires. À travers ses articles, il partage analyses, conseils pratiques et tendances pour aider les entreprises à développer des initiatives responsables et durables.

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